La Bourse régionale des valeurs mobilières a franchi un seuil symbolique. Le mardi 11 août 2026, la capitalisation du marché des actions s’est établie à 19 045,410 milliards de FCFA, contre 18 895,907 milliards la veille — un gain de 149,503 milliards sur une seule séance, et un premier passage au-dessus de la barre des 19 000 milliards.
Le mouvement a été large. Les quatre indices de la place ont terminé la séance en hausse :
Du côté des valeurs, Sicor Côte d’Ivoire (+6,70 %), ERIUM (+6,58 %) et Servair Abidjan (+4,32 %) ont signé les plus fortes hausses. À l’inverse, SAFCA Côte d’Ivoire (−3,61 %), SODE (−2,02 %) et BOA Niger (−1,92 %) ont reculé.
Un point mérite d’être relevé : le volume des transactions s’est établi à 1,692 milliard de FCFA, en repli par rapport aux 2,737 milliards de la veille. La capitalisation progresse donc davantage par revalorisation que par afflux de volumes. C’est une nuance qui compte pour interpréter la séance.
Le compartiment obligataire, souvent laissé de côté dans les commentaires, atteignait pour sa part 12 909,731 milliards de FCFA.
Ce niveau ne se comprend pas sans le contexte monétaire régional. Le 4 mars 2026, la BCEAO a abaissé son taux directeur de 25 points de base, portant le taux de refinancement des banques à 3,00 % et le guichet de prêt marginal à 5,00 %.
Cette décision s’inscrit dans un environnement de prix exceptionnellement calme : en février 2026, l’inflation ressortait à −0,1 % en glissement annuel dans l’Union, l’inflation sous-jacente à 1,3 %. La croissance de l’UEMOA était estimée à 6,5 % au premier trimestre 2026, dans la continuité du trimestre précédent.
Croissance soutenue, inflation contenue, coût de l’argent en baisse : la combinaison est mécaniquement favorable aux actifs risqués. Quand le rendement sans risque baisse, les actions gagnent en attractivité relative.
Les émetteurs souverains de l’Union continuent néanmoins de mobiliser des montants considérables. En février 2026, 1 348,0 milliards de FCFA ont été levés sur le marché des titres publics, dont 950,9 milliards en obligations (70,5 %) et 397,1 milliards en bons du Trésor (29,5 %).
Les niveaux de rémunération restent significatifs : 6,69 % de taux moyen pondéré sur les bons, 7,66 % de rendement obligataire. Pour un investisseur régional, la question de l’arbitrage entre actions et titres publics reste donc entière — et c’est précisément là que se joue la construction d’une allocation.
Un seuil franchi n’est pas une recommandation. La progression du marché s’appuie sur des fondamentaux réels — désinflation, assouplissement monétaire, croissance régionale — mais elle s’accompagne de volumes en retrait, ce qui invite à la mesure.
Les équipes d’Ascent Capital suivent quotidiennement l’évolution de la place régionale. Pour un point sur votre allocation, écrivez-nous.
Données de marché arrêtées au 11 août 2026. Sources : Le Journal de l’Économie Sénégalaise (Lejecos), BCEAO — Note de conjoncture économique des pays de l’UEMOA, mars 2026.